Le Monastère Saint-Pierre de Cête est un exemple d'architecture religieuse, romane et gothique. Il s'agit d'une église monastique, à nef unique de plan longitudinal, avec un sanctuaire composé de deux travées, se terminant en forme semi-circulaire et frontispice en pignon, des caractéristiques généralement considérées d'art roman, même si Almeida lui attribue un classement d'art gothique, en raison de sa reconstruction au XIVe siècle.

De l'église romane primitive, datant probablement de la seconde moitié du XIIe siècle, il ne reste que quelques pierres ornées, le portail du cloître et la partie inférieure des murs d'une grande partie de la nef. La tour crénelée et la culée qui longe le portique soulignent le caractère défensif de sa construction.
L'aménagement de la façade, la relation entre la longueur et la largeur de l'église, la relation entre la hauteur du chevet et celle de la nef, et la sculpture des chapiteaux et des modillons soulignent le style gothique de la construction de ce Monastère.
Du bâtiment plus ancien, il y a eu la réutilisation des premières assises de la nef, ainsi que du portail sud donnant accès au cloître.
Lors de la campagne de travaux du XIIIe et XIVe siècle, le sanctuaire fut reconstruit, la nef surhaussée et prolongée et la façade principale entièrement rénovée. On peut trouver sur les murs une grande quantité de sigles, surtout géométriques.
L'élévation du chevet a des caractéristiques typiques du roman qui utilise des arcades aveugles pour donner un certain rythme et animation au mur. Les modillons qui se trouvent à l'avant et qui soutiennent la corniche, ainsi que la relation entre la hauteur de la nef et celle du chevet sont, toutefois, clairement gothiques.

Le portail principal reprend des éléments épigones de l'art roman, bien que le portail latéral nord soit caractéristique du style gothique.
La tour, qui abrite la chapelle funéraire de Gonçalo Oveques, a la fonction de clocher et représente symboliquement une seigneurie car, à l'époque médiévale, l'abbé était normalement un noble. Compte tenu de son aspect robuste et défensif, cette tour ne se destinerait en aucun cas à servir de logement.
À l'époque du roi Manuel Ier, le Monastère subit des rénovations comprenant le cloître, la salle capitulaire, le contrefort de la façade principale pour renforcer la tour, la voûte de la chapelle funéraire et l'arcosolium de Gonçalo Oveques.
L'intérieur de la chapelle a également reçu des panneaux d'azulejos polychromes, d'origine hispano-mauresque, composés de rangées à motifs différents : phytomorphes, géométriques et entrelacs.
Les panneaux, qui emploient le bleu, le vert et le marron sur fond blanc, sont délimités par des bordures composées de dessins géométriques simplifiés.